Note d'intention : Série INSTANT CACHETE

INSTANT : Durée très courte que la conscience saisit comme un tout. Moment où l'histoire bascule, où le secret est inopinément révélé, où l'ordre se mue en chaos, où l’on se rencontre pour la première ou la dernière fois. L'instant n'a pas de durée, car son existence n'est que rétrospective.

 

CACHETER : Appliquer un cachet sur une lettre ou un objet, le sceller, marquer un acte d'un sceau pour le fermer ou l'authentifier.

 

Les souvenirs sont des histoires inachevées sans temporalité définie. La série Instant Cacheté se constitue de rétrospectives de souvenirs : leur origine, leur histoire propre et la transposition artistique qui les clôt. Ces séries sont des construits imagés et sonores figés dans le temps, qui restent.

 

Cette mise en scène explore les thématiques suivantes :

Quel regard porte-t-on sur un portrait photographique, sur un lieu chargé d’une histoire ou sur des documents ?

Quelles images mentales et vibrations véhiculent-ils ?

Pourquoi certains mots deviennent des traces indélébiles du souvenir ?

Comment l’objet du souvenir devient sacré par la représentation que l’on en garde ?

Comment conserver la charge émotionnelle du souvenir ?

Le processus créatif s’articule autour d’une vidéo projetée, de toiles fixées au mur et d’un objet scellé posé au sol.

Read text : Gwendoline ROTHKEGEL

Sound design with Jullian HOFF

Text 'Quitter le souvenir' with Anthony HOFF

Extraire du souvenir un texte sonore

 

Mon point de départ est lié à un événement passé depuis plusieurs années à partir duquel je construis un texte, qui au fil du temps subit des transformations pour ne garder que l’essentiel.

Je ne donne pas à voir la réalité intacte mais retranscris le souvenir épuré de sa part intime, et lui confère une vision universelle que chacun peut s’approprier.

Je procède à une écriture de l’effacement où je supprime certaines parties d’un tout pour ne garder que ce qui peut et doit rester.

Je retraduis le souvenir dans une forme de monologue intérieur par le biais de réitération de mots symbolisant les états émotionnels liés. Ce texte, écho de la mémoire, devient un langage sonore qui occupe l’espace du lieu. Les sons qui l’accompagnent représentent les objets associés au récit.

Projeter l’instant immatériel

 

Le temps du souvenir est celui de la projection pendant laquelle je redonne à l’objet du souvenir sa dimension immatérielle et sa part subjective, celle qui raconte l’histoire.

Je m’intéresse à la manière dont le regard se pose sur un ensemble lorsqu’il est chargé d’un souvenir.

Je reconstruis le souvenir à partir de fragments issus de photographies ou d’objets que je fusionne pour créer un ensemble imagé.

L’utilisation de la vidéo symbolise l’éphémère et le temps qui passe, chaque image fragmentée étant travaillée en lien avec la précédente jusqu’à former une peinture en mouvement.

Recréer ce qui n'existe plus

 

Une fois la projection construite, je recrée ce qui n'existe plus à partir de la nature de l’objet du souvenir : documents, confidences, objets, photographies.

J’utilise des bribes de textes originels ; je retranscris tout ou une partie de la confidence.

Je cherche à retrouver des fragments représentatifs du souvenir. J’utilise plusieurs matériaux transparents, opaques et souples (papier, tissu) qui s’altèrent et sont métamorphosés par le procédé de collage.

Pour m’approprier le souvenir de manière plus personnelle, je peux peindre la représentation que j’en ai. 

Cacheter le souvenir

 

Je sépare l’objet du souvenir de son univers originel et l’inclus dans un ensemble où il prend une dimension sacrée. Il devient le témoin qui atteste de la réalité du souvenir et le clôt.

Il est scellé dans une mise en scène constituée d’autres objets symbolisant des éléments de la série.

Posé au sol ou sur un socle, il devient le totem du souvenir. 

L’accès à l’objet est soit impossible soit rendu difficile pour symboliser le caractère éphémère, imprécis et évanescent de la mémoire du souvenir.

Concept : Series STAMPED INSTANT

INSTANT: Very short duration perceived as a whole. At a time when history change, where the secret is unexpectedly revealed, where order becomes chaos, where one meets for the first or last time. The instant has no duration, its existence is only flash-back.

STAMPED: Apply a stamp to a letter or object, seal it, mark an act of a seal to close it or authenticate it.

 

Memory are unfinished stories without defined temporality; the series “Instant Cacheté”/Stamped Instant is constituted of memories retrospectives: origin, own story and the artistic transposition that closes these memories. This series are composition of remaining images and sound frozen in time.

 


This staging explores the following themes:
What is our perception of photographic portrait, a place full of history or documents?
What mental images and vibrations do they transmit?

Why some words become eternal memory traces?
How the memory object becomes holy by the representation that we keep?
How to preserve the emotion of memory?

 

The creative process revolves around a projected video, wall-mounted canvases and a sealed object on the floor.

Extract from memory an audio text

My departure is linked to an event that happened a several years ago, from which I am building a text, which over time is transformed to keep only the essential.
It’s not the intact reality but I transcribe the pure memory of its intimate part, and confers on him a universal vision that everyone can appropriate.
I write what it was erase or I delete some parts of a whole to keep only what can and must remain

I retranslate the memory into internal monologue through the repetition of words symbolizing related emotional states. This text, an echo of memory, becomes a sound language that occupies the space of the place. The sounds that accompany it represent the objects associated with the story.

 

Project the immaterial moment


Memory time is that of the projection during which I restore immaterial dimension of to the memory object  and its subjective part, that which tells the story.
I am interested in the way of looking into a whole when it’s charged with a memory
I rebuild the memory from fragments of photographs or objects that I merge to create an imaged set.
The use of video symbolizes the ephemeral and the time that flies, each fragmented image being worked in connection with the previous one until forming a moving painting.

 

Recreate what does not exist anymore

 

Once the projection is built, I recreate what no longer exists from the memory object’s nature: documents, confidences, objects, photographs.

I use snippets of original texts; I transcribe all or part of the confidence…

I seek for representative fragments of the memory. I use several materials: transparent, opaque and soft (paper, fabric) that are altered and transformed by the gluing process.

To adopt the memory in a more personal way, I can paint the representation that I have.

 

Stampe the Memory

 

I separate the memory object from its original universe and include it in a set where it takes on a holy dimension. He becomes the witness who attests the memory reality and closes it.

It is sealed in a staging elaborated of other objects symbolizing series elements.

Placed on the ground or on a base, it becomes the memory totem.

Access to the object is impossible or difficult to symbolize the ephemeral, imprecise and evanescent nature of the memory.